
Lundi 2 novembre 2009
Privatisation ou pas, la Poste subit déjà d’importantes réorganisations. Celles-ci ont pour conséquence une intensification du travail des postiers, l’augmentation du niveau de stress et la remise en cause du rôle social des facteurs, selon les premières expertises que Basta ! s’est procurées. La Poste va-t-elle suivre le même chemin que France Télécom ?
Les réorganisations ont largement commencé à La Poste, bien avant que l’entreprise ne devienne une « Société anonyme ». Depuis mars 2009, les postiers découvrent le plan « Cap qualité courrier » : « Le projet de modernisation le plus important jamais engagé dans l’histoire de La Poste », clame le groupe. Comment s’exercera demain le métier de postier ? « Les agents bénéficieront de conditions de travail améliorées et d’équipements à la pointe de la technologie » : « casiers de tri, de nouveaux vélos, véhicules électriques du futur », promet la direction du groupe public. Le programme « facteur d’avenir », pilier du plan, doit faire entrer le célèbre personnage incarné à l’écran par Jacques Tati (« Jours de Fête »), dans la modernité du 21ème siècle. Le facteur doit devenir un « professionnel des services à domicile » et « le personnage préféré des Français ». De séduisantes intentions…
Légèrement soupçonneux, les 230 salariés de Brive (Corrèze), site pilote pour cette nouvelle organisation, ont voulu en savoir plus. Le 23 mars dernier, les membres du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) votent, à l’unanimité, le recours à une expertise indépendante pour étudier de plus près les conséquences de la réorganisation sur leur boulot. Le choix se porte sur le cabinet Technologia, celui-là même qui mène actuellement une étude nationale sur France Télécom, à la demande de la direction, et qui avait été chargé par Renault de mener une expertise en 2007 suite à quatre suicides au technocentre de Guyancourt. Un cabinet plutôt consensuel donc. Pourtant, la direction de La Poste, sans doute vexée de voir sa bonne parole mise en doute, conteste la demande d’expertise. Les quatre syndicats locaux (FO, CFTC, CGT, Sud) se voient obliger d’assigner leur employeur devant le tribunal de grande instance de Brive. « L’expertise sollicitée est nécessaire afin d’évaluer les conséquences de ces modifications sur la santé et la sécurité du personnel concerné », tranche le juge, le 7 avril 2009.
Intensification du travail
L’expertise est remise au CHSCT en mai 2009. « Il apparaît que le projet de réorganisation (…) se traduirait par une augmentation de la durée hebdomadaire de travail réellement effectuée pour certains, une augmentation du temps passé à l’extérieur pour certains agents, une intensification du travail, une diminution des marges de manœuvre, et une augmentation du risque routier lié à la multiplication des tournées effectuées en voiture », préviennent les ergonomes. On est très loin des « conditions de travail améliorées » que les communicants du groupe laissent miroiter ! Pire : les conséquences de « facteur d’avenir » risquent de produire des effets totalement inverses à ceux affichés. Lire la suite
Source : www.bastamag.net
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