Comité Local Pierre Mendès - France " Désirs d'Avenir " Paris 8ème et 9ème


L'objet d'un Comité Local " Désirs d'Avenir " a pour but de rassembler toutes les personnes de bonnes volontés afin de réfléchir sur la situation sociale, politique et économique en France, en Europe et dans le Monde, pour pouvoir contribuer notamment par des propositions, à son amélioration, dans un esprit de justice sociale.

La politique autrement, la politique par la preuve !!!

vendredi 20 novembre 2009

Ségolène Royal scandalisée par la relaxe apporte son soutien total aux familles de victimes de la catastrophe d’AZF





Ségolène Royal scandalisée par la relaxe apporte son soutien total aux familles de victimes de la catastrophe d’AZF. Elle demande en appel l’application du principe de précaution qui aurait dû conduire à des sanctions sévères.

Après huit ans d’attentes déçues, j’apporte un soutien sans faille aux familles de victimes de la catastrophe AZF et j’approuve sans réserves l’appel décidé par le Parquet.

Après avoir lu attentivement le jugement, j’observe que l’arrêt rendu hier par le Tribunal pointe les « défaillances organisationnelles » de l’usine AZF, pourtant classée Seveso 2 et les « dérives » dans la gestion des déchets ; il dénonce la cohabitation d’un atelier de produits chlorés et de nitrates et s’inquiète de l’absence de barrière étanche entre ces deux produits chimiques, pourtant incompatibles ; il souligne la « manœuvre grossière » de l’entreprise Grande Paroisse, propriétaire de l’usine, qui aurait « cherché à tromper la religion du tribunal, démontrant un parti pris fort éloigné de la recherche de la vérité ». Autant de mises en causes graves, autant d’agissements inacceptables. Et pourtant, malgré l’accumulation des fautes et des négligences, malgré les manquements moraux et légaux de Total et de Grande Paroisse, l’arrêt se conclut par la relaxe. C’est incompréhensible.

Incompréhensible, l’absence de prise en compte du principe de précaution, qui impose aux entreprises de prendre toutes les mesures nécessaires à la sécurité des salariés et des riverains. Incompréhensible aussi, l’absence de réformes pour mieux établir la responsabilité pénale de prédateurs et de course au profit, provoquant des catastrophes industrielles et sanitaires, ainsi que le demande la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés. Si la négligence reste impunie si l’irresponsabilité est récompensée, il y aura d’autres AZF.

Congrès des Maires : Ségolène Royal a présenté la Simply City, premier véhicule électrique à bas prix

Congrès des Maires : Ségolène Royal a présenté la Simply City, premier véhicule électrique à bas prix
19 novembre 2009 - 22:57




Mercredi 18 novembre à l’occasion du Congrès des Maires qui se tenait porte de Versailles à Paris, Ségolène Royal a présenté, sur le stand de la Région Poitou-Charentes, la Simply City, premier véhicule électrique régional à bas coût.
La mise en production de la Simply City a été lancée le vendredi 13 novembre dans les ateliers de son concepteur Eco & Mobilité. Début 2010, la société Heuliez New World lancera la production à échelle industrielle de ce véhicule électrique qu'elle a elle-même développé.

Les Simply City s'adressent en tout premier lieu aux entreprises et aux collectivités, qui ont déjà été nombreuses à passer des pré-commandes. Mais elles peuvent aussi être utilisées par les particuliers, comme deuxième voiture non-polluante et pas chère.

jeudi 19 novembre 2009

« Rendre le courant aux militants, tout simplement. »

Communiqué de Najat Vallaud-Belkacem,
Adjointe au Maire de Lyon, conseillère générale du Rhône
Porte parole de Ségolène Royal.




L’Espoir à Gauche n’appartient à personne, et un courant n’est rien d’autre que des militants et responsables socialistes qui se regroupent à un moment donné pour faire valoir leurs idées au sein du parti.

Ségolène Royal a toujours mis un point d’honneur à respecter scrupuleusement ces règles du jeu en n’ayant jamais eu le moindre le mot ni fait le moindre geste visant à détourner l’Espoir à Gauche de ses objectifs initiaux.

On peut l’accuser de tout ce qu’on veut, mais certainement pas d’avoir soumis le courant à ses intérêts personnels. J’espère que les commentateurs de la vie politique auront l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître : une telle exigence n’est pas la chose la mieux partagée au sein du Parti Socialiste, et mériterait d’être remarquée, sinon saluée.

A Dijon, Vincent Peillon a brutalement changé les règles du jeu : nous ne pouvons faire autrement qu’en prendre acte, et chercher dans le meilleur état d’esprit possible une nouvelle manière de travailler ensemble, entre socialistes.

La mission que Ségolène Royal nous a demandé, avec Jean louis Bianco et Gaétan Gorce, de conduire au sein du courant n’a donc rien d’une « reprise en main » et ne revêt aucun caractère militaire : c’est une mission de clarification dans le seul but de rendre aux militants ce qui leur appartient, dans le seul intérêt du parti et de l’idée que les Français peuvent se faire de la politique.

Pour ma part, je n’ai aucun goût pour les manœuvres d’appareil mais je n’accepte pas l’autorité des chefs autoproclamés ni pour moi, ni pour les autres.

Les militants qui soutiennent Ségolène Royal ont été suffisamment floués comme ça pour ne pas se retrouver pris en otage par qui que ce soit, et c’est la même chose pour tous les autres qui n’ont pas demandé à se ranger derrière un Général de Brigade, mais à travailler sereinement pour le retour d’une gauche moderne et crédible au pouvoir.

Contribuer à ce que la logomachie stérile prenne fin au plus vite, et que chacun retrouve un cadre clair dans lequel assumer ses responsabilités : c’est ni plus ni moins ce que Ségolène Royal nous a demandé de faire avec tous ceux qui voudront nous y aider.

mercredi 18 novembre 2009

L’imposture !





Comme beaucoup de militants PS de l’Espoir à gauche, je me suis rendu à Dijon pour parler de l’école avec des femmes et des hommes politiques d’autres partis, des experts et des représentants syndicaux.

Mais comme le révèle le discours final de Vincent Peillon, aux incantations classiques sur ce sujet, l’objet de ce rassemblement était ailleurs.



Il s’agissait nous dira-t-on de créer un Rassemblement unissant des sensibilités politiques différentes pour préparer l’alternance de 2012. Or qui peut croire un seul instant, compte tenu de nos institutions, que l’on puisse sérieusement préparer une élection présidentielle sans leader ?



Fort de l’appui de personnalités politiques qui trouvent en ce prétendant un socialiste de second plan, Vincent Peillon a fait acte de candidature sans avoir besoin d’avouer qu’il y pensait tous les matins en se rasant. Inutile de ne nous faire le coup d’un « je ne suis pas candidat » pour entendre demain « je réponds à l’attente des Français » !



Il s’agissait en réalité de réussir un second coup médiatique pour propulser une nouvelle figure dans la course présidentielle. Mais l’imprévu est venu d’une province voisine en la personne de Ségolène Royal. Sa simple présence a provoqué la folle suite de réactions sans mesure. Avec les mots de haine, les masques sont tombés. L’imposture s’est alors révélée au grand jour. Le coup de Dijon a échoué.



Je dénonce sans mesure cette imposture qui fragilise la gauche parce qu’elle divise les socialistes de l’Espoir à gauche. J’appelle à constituer un rassemblement des socialistes autour de Ségolène Royal. Nous ne devons pas avoir peur de défendre au PS un leader et une ligne politique claire pour porter la gauche à la victoire en 2012.



Philippe Allard

mardi 17 novembre 2009

Emir à crédit par Michèle Delaunay

Emir à crédit

à 10h07

Un mien voisin, rencontré sur le chemin de mon bureau, ouvre ma journée avec un précepte "Le prince doit être vertueux pour que le peuple soit fidèle".

Le dernier mot démontre sans difficulté particulière que mon voisin n'est pas un dangereux gauchiste. Je dirais plus volontiers : "Le prince doit être vertueux pour être le prince".

Après la douche d'or et la présidence européenne engloutissant en frais inutiles le quart de ce que rapportent les franchises médicales, le scandale d'"Air sarko one".

Je l'ai déjà évoqué. La pilule est si amère, qu'au moment de la livraison de l'avion de l'Emir, j'y reviens

Le Ministère de la Défense est en train de subir le plus lourd plan social de l'histoire française : 60 000 suppressions d'emploi en 5 ans. "La grande muette" souffre, voit des pans entier de son activité sombrer, les garnisons ferment au mépris des économies locales.

Pendant ce temps, un seul secteur, inscrit sous un nom codé au budget de la Défense, a été sanctuarisé : le renouvellement de la flotte présidentielle qui, au demeurant, n'en avait pas besoin.

Montant de la facture : 350 millions d'euros (presque la moitié du rapport des franchises médicales)

Fleuron de cette action citoyenne : "Air sarko one", dont le nom est calqué sur l' "Air force one" du Président Américain qui lui a servi de modèle. Gadgets sécuritaires variés au cas où des extra-terrestres jetteraient leur dévolu sur le Président français, chambre à coucher et salle de bains et autres commodités sans aucun doute sobres et de bon goût. Total : 285 millions d'euros.

Autre détail, le coût de l'heure de vol : 20 000 euros . Je ne sais si le Présidentl'a affrêté pour échapper à la fronde des Maires et s'évader en Arabie séoudite pour un voyage "semi-privé" mais la facture du seul déplacement doit être assez facile à calculer.

Tout cela à crédit. La France en faillite emprunte chaque jour sur les marchés, non pour investir, mais pour son seul fonctionnement. N'importe quel empruntera de Cofinoga se verrait refuser un nouveau découvert pour des dépenses somptuaires et inutiles. Et surtout, il aurait à sa charge, l'alourdissement de sa dette, du taux d'emprunt, et des mensualités de remboursement.

Il est temps, grand temps, que la cour des comptes puisse non seulement analyser et décrire mais statuer sur ce qu'il convient de sanctionner. Et sur ceux, généreux du budget de l'Etat plus que du leur, qu'il convient de faire bénéficier d'une procédure d' "impeachment"

lundi 16 novembre 2009

Michèle Delaunay

Le spectacle socialiste

à 13h00

En anglais, on dirait "the entertainment", mot dont le sens est plus proche du "divertissement" pascalien que celui de "spectacle". Et en effet, le Parti Socialiste n'en rate pas une et donne toujours quelque chose à voir, quelque chose à dire, et surtout à médire, aux médias, à tout le monde et d'abord à nous mêmes.

Pourquoi sommes-nous ainsi devenus les rois d'un show-biz souvent malintentionné mais que nous mettons une grande application à justifier ?

Il y a plusieurs réponses. La moindre n'est pas : notre absence de discipline interne.

D'accord, le mot n'est pas sexy et l'oreille d'un socialiste libertaire se frise comme les pétales d'une tulipe hybride à l'entendre. Et pourtant ...

Le show-biz de ce week-end, c'est la visite de Ségolène Royal à Dijon, ville dont le Maire est François Rebsamen, directeur de sa campagne présidentielle et son fidèle soutien dans le tragique chemin des Dames qui s'est conclu à Reims.

L'organisateur de la manifestation est Vincent Peillon, non moins fidèle lieutenant de Ségolène dans les campagnes précitées, éloquent plaideur de la motion "l'Espoir à gauche" qui a recueilli, on le sait, à quelques pichenettes de voix très discutées, la presque majorité lors du vote élisant notre Première Secrétaire.

Où est le problème ?

Le problème est que Vincent Peillon a lancé une O.P.A (Offre Publique d'Achat) sur l' "Espoir à gauche". Certes, ce n'est pas une marque déposée, comme peut l'être Panzani ou Dunlopillo, mais c'est le titre, l'étendard de la motion que Ségolène Royal a porté et qui a porté Ségolène Royal.

Premier coup médiatique à l'Assemblée nationale où Peillon a convoqué la presse mais pas les députés pour s'auto proclamer chef de "l'espoir à gauche" ; deuxième à Marseille avant l'Université de la Rochelle, troisième à Dijon.

Détail : Ségolène Royal n'a été ni informée, ni invitée.

Que fait notre comité d'éthique que j'ai appelé de mes voeux dès mon entrée au Parti Socialiste , et dont la réalité a été votée à une très large majorité le 3 octobre 2009 ?

Partir avec la marque n'est pas plus honorable que partir avec la caisse. Ce vocabulaire n'est pas celui d'un parti politique, surtout le mien, tel que je l'aimerais. Il a pourtant un sens : dans ce siècle marchand, l'éthique du commerce, au moins, doit être comprise.

Ségolène a eu du courage d'aller à Dijon. Dire qu'elle a eu raison, est autre chose : elle n'aurait surtout pas du avoir à le faire, si nos instances avaient évité ce nouvel épisode du médiocre spectacle dont tant sont friands.

Qu'on ne mécomprenne pas le sens de ce billet. Il n'est ni ségoléniste, ni anti-ségoléniste. Une fois pour toutes, après Reims, j'ai décidé d'être une socialiste TMC (Toutes Motions Confondues). Vincent Peillon, qui a couru sous toutes les casaques, a été de ceux qui m'ont appris que, pour certains, les motions n'étaient pas (plus) de profonds courants de pensée mais des écuries de pouvoir.

Je ne supporte plus les erreurs, les faveurs, les faiblesses qui démobilisent les militants, découragent ceux qui nous sont proches, ragaillardissent ceux qui nous sont opposés.

La République et la Démocratie, en France aujourd'hui, sont comme deux veuves qui marchent sous la pluie en se soutenant l'une l'autre. Veuves d'un gouvernement qui se soucie tantôt de l'une, tantôt de l'autre, comme de l'autre comme d'une guigne.

Seront-elles aussi orphelines de qui les a fait naître ?

dimanche 15 novembre 2009

Lettre des « adoratrices » et « adorateurs » de Ségolène

Voilà qu’on nous écrit qu’il faut que nous soyons des femmes et des hommes libres et pas des fans, des groupies qui vénèreraient leur idole ! Bref, on nous conseille d’arrêter d’être des décervelé(e)s si nous comprenons bien.

Eh bien ça suffit ! Ça suffit ce mépris et ce non-respect pour l’engagement de militantes et de militants qui savent ce qu’ils font lorsqu’ils s’engagent derrière Ségolène Royal, qui savent pourquoi ils le font et comment ils le font. Ils ont et ils continuent à faire fonctionner leurs neurones, nous disons bien, leurs neurones et non leurs humeurs.

Halte à ceux qui nous considèrent comme des illuminé(e)s ou des sectaires (tiens Emmanuelli l’avait déjà dit !).

Bien piètre idée de qui nous sommes pour penser que nous avons besoin de vénération. Nous, nous avons besoin de la politique par la preuve, de celle qui offre une véritable démocratisation de notre parti à tous les échelons, d’une véritable rupture avec un fonctionnement pyramidal où la base est réduite à bien peu de chose.

Nous avons besoin d’une réflexion à gauche qui défriche, qui décoiffe, qui sorte des sentiers battus, qui provoque, qui fait avancer. C’est ça la rénovation.

Nous avons besoin d’un leader qui porte cette audace, cet enthousiasme, cette volonté de rénovation. Nous regardons autour de nous. Désolé(e)s pour les autres : seule Ségolène Royal est porteuse de cette espérance.

Bien sûr qu’elle ne le fera pas seule, mais quel drôle d’exemple que de commencer par lui interdire la liberté de ses choix, sa liberté d’apprécier d’aller à Marseille, à Dijon. Qui peut s’autoriser à lui dicter ses choix sinon ceux qui voudraient peut-être un retour à un président de la république inaugurateur de chrysanthèmes ?

Alors oui, Ségolène Royal est dérangeante, dérangeante dans ses idées quand elle nous invite à nous emparer de tous les thèmes y compris de ceux qu’on a laissés à la droite (la sécurité, la nation etc), dérangeante quand elle dit qu’un parti doit être un parti ouvert, de masse, démocratique, voire à dépasser, dérangeante quand elle exprime très clairement sa volonté de ne pas laisser les militants qui la soutiennent être instrumentalisés.

Mais c’est tout cela, chers amis qui trouviez inopportune sa visite à Dijon, qui plait tant, qui fait que des foules entières sont, grâce à elle, revenues ou venues à des meetings recréant l’espoir que la gauche apporte de vraies réponses à leurs vrais problèmes. Cela n’est pas donné à tout le monde. N’en déplaise à certains.


Marianne et ses amis

jeudi 5 novembre 2009

Michèle Delauney




Plan cancer : bonnes intentions, lourdes contradictions

le mercredi 4 novembre 2009 à 15h00

Les "plans" affichent rarement de mauvaises intentions ; je me réjouis pourtant sans réserve de l'axe majeur qui a été choisi pour le deuxième plan cancer : la réduction des inégalités devant la maladie.

Sans réserve, mais non sans crainte : la réduction des inégalités en face de la santé et des soins n'est pas le point fort de ce gouvernement. Les franchises médicales, l'absence de toute action pour réduire les dépassements d'honoraires, contraignent un nombre croissant de Français à renoncer aux soins ou à les retarder et j'ai interpellé hier la Ministre dans l'hémicycle en particulier sur ce point.

Autre crainte : la modestie des ambitions en matière de dépistage.

Une inégalité fondamentale en face du cancer est l'accès au dépistage, comme le montrent les résultats du dépistage organisé du cancer du sein : moins de 50% des femmes entre 50 et 75 ans sont dépistées et ce sont celles qui sont les plus pauvres et les plus isolées qui sont majoritairement touchées.

Le plan cancer ne prévoit qu'un objectif de deux femmes sur trois accédant au dépistage pour l'année 2013. Cela signifie : laisser perdurer une criante inégalité.

Que faut-il faire ? Enfin, généraliser le dépistage à 100% des femmes, le rendre obligatoire, ce qui ne signifie aucunement punir ou pénaliser les femmes qui n'y sont pas allées, mais au contraire déclencher en leur faveur une stratégie graduée de rappels allant jusqu'à la visite au domicile de travailleurs sociaux. De telle manière qu'aucune femme, dans les limites d'âge où le cancer est particulièrement fréquent, ne perde de chance de guérison. Obligation n'est pas sanction : ce caractère "obligatoire" sera en fait partagé par l'Etat, obligé de tout mettre en oeuvre pour faciliter l'accès de la femme au dépistage, et par la femme, finalement convaincue de la nécessite de s'y rendre.

Le dépistage est le vaccin des maladies qui n'ont pas de vaccin. Et pour cela, nous devrions enfin franchir la barrière qui interdit actuellement de rendre obligatoire tout acte médical à l'exception de ceux qui concernent les maladies infectieuses.

C'est la condition pour obtenir un progrès substantiel en terme de santé publique. C'est aussi la possibilité d'économies non moins substantielles : un cancer grave évité, ce sont des dizaines de journées d'hospitalisation, des examens coûteux, des traitements longs et eux aussi onéreux, qui sont également évités.

Que faut-il pour cela ? Une vraie volonté politique et j'ai pour ma part besoin du soutien de l'opinion pour essayer de la communiquer à gauche comme à droite.

mercredi 4 novembre 2009

Restructurations : à quoi ressemblera la Poste de demain ? Par Ivan Du Roy





Lundi 2 novembre 2009

Privatisation ou pas, la Poste subit déjà d’importantes réorganisations. Celles-ci ont pour conséquence une intensification du travail des postiers, l’augmentation du niveau de stress et la remise en cause du rôle social des facteurs, selon les premières expertises que Basta ! s’est procurées. La Poste va-t-elle suivre le même chemin que France Télécom ?




Les réorganisations ont largement commencé à La Poste, bien avant que l’entreprise ne devienne une « Société anonyme ». Depuis mars 2009, les postiers découvrent le plan « Cap qualité courrier » : « Le projet de modernisation le plus important jamais engagé dans l’histoire de La Poste », clame le groupe. Comment s’exercera demain le métier de postier ? « Les agents bénéficieront de conditions de travail améliorées et d’équipements à la pointe de la technologie » : « casiers de tri, de nouveaux vélos, véhicules électriques du futur », promet la direction du groupe public. Le programme « facteur d’avenir », pilier du plan, doit faire entrer le célèbre personnage incarné à l’écran par Jacques Tati (« Jours de Fête »), dans la modernité du 21ème siècle. Le facteur doit devenir un « professionnel des services à domicile » et « le personnage préféré des Français ». De séduisantes intentions…


Légèrement soupçonneux, les 230 salariés de Brive (Corrèze), site pilote pour cette nouvelle organisation, ont voulu en savoir plus. Le 23 mars dernier, les membres du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) votent, à l’unanimité, le recours à une expertise indépendante pour étudier de plus près les conséquences de la réorganisation sur leur boulot. Le choix se porte sur le cabinet Technologia, celui-là même qui mène actuellement une étude nationale sur France Télécom, à la demande de la direction, et qui avait été chargé par Renault de mener une expertise en 2007 suite à quatre suicides au technocentre de Guyancourt. Un cabinet plutôt consensuel donc. Pourtant, la direction de La Poste, sans doute vexée de voir sa bonne parole mise en doute, conteste la demande d’expertise. Les quatre syndicats locaux (FO, CFTC, CGT, Sud) se voient obliger d’assigner leur employeur devant le tribunal de grande instance de Brive. « L’expertise sollicitée est nécessaire afin d’évaluer les conséquences de ces modifications sur la santé et la sécurité du personnel concerné », tranche le juge, le 7 avril 2009.

Intensification du travail

L’expertise est remise au CHSCT en mai 2009. « Il apparaît que le projet de réorganisation (…) se traduirait par une augmentation de la durée hebdomadaire de travail réellement effectuée pour certains, une augmentation du temps passé à l’extérieur pour certains agents, une intensification du travail, une diminution des marges de manœuvre, et une augmentation du risque routier lié à la multiplication des tournées effectuées en voiture », préviennent les ergonomes. On est très loin des « conditions de travail améliorées » que les communicants du groupe laissent miroiter ! Pire : les conséquences de « facteur d’avenir » risquent de produire des effets totalement inverses à ceux affichés. Lire la suite

Source : www.bastamag.net

mardi 3 novembre 2009

Les Universités Populaires et Participatives (UPP) sont lancées sur tout le territoire.

3 novembre 2009 - 18:19

Cher(e)s ami(e)s,

J’ai le plaisir de vous annoncer que les Universités Populaires et Participatives (UPP) sont désormais lancées sur tout le territoire.

Alors, à vos agendas !

Dès le 7 novembre, je vous invite à participer à l'UPP organisée par le comité Désirs d'Avenir Alsace pour échanger sur le thème de l'entreprise et des Sociétés Coopératives de Production (SCOP) en présence de Jean-Louis Bianco. Vous trouverez toutes les informations sur ce rendez-vous sur leur blog dont je salue ici la grande qualité.

Le 10 novembre, à 19h, Jean Louis Bianco et Jean Patrick Gille participeront à une nouvelle UPP organisée par le comité de Tours pour débattre d'un nouveau modèle de développement démocratique, écologique, économique et social.

Deux belles initiatives participatives au cœur des préoccupations qui touchent toutes les populations.

Nous nous devons donc nous attacher à décupler nos forces pour rencontrer nos concitoyens et débattre avec eux lors des UPP. Je sais compter sur votre présence pour faire vivre le débat et proposer l'alternative de demain. Faisons en sorte, ensemble, que nos UPP deviennent des lieux privilégiés d’écoute, de rencontres et d’échanges dans nos régions, nos départements, nos villes…nos villages !

Je crois plus que jamais à la nécessité de partager les savoirs pour réfléchir ensemble à la construction d'un nouveau projet politique à la fois pragmatique, lucide et radical.

A l’avenir j'envisage de libérer mon agenda pour participer à ces évènements décentralisés.

Je tiens à remercier tous les membres du conseil d’animation politique de « Désirs d’avenir » pour la fidélité et la générosité dont ils font preuve en s’engageant pleinement dans le lancement des UPP dans les territoires.

Et puis, comment ne pas vous remercier, vous, adhérents et animateurs qui vous impliquez dans cette dynamique nouvelle que nous impulsons à nos « désirs d’avenir ». L'équipe de coordination me fait part de toutes vos réunions préparatoires.

Je ressens ainsi la générosité de votre engagement, la force de vos convictions et me nourri chaque jour de l’espérance que vous incarnez pour une France plus juste et fraternelle.

Amitiés fidèles,

Ségolène Royal

lundi 2 novembre 2009

dimanche 1 novembre 2009

Ségolène Royal : « Il faut reconquérir les symboles de la nation »


Propos recueillis par Rosalie Lucas et Henri Vernet | 01.11.2009, 07h00



Source: http://www.leparisien.fr/politique/royal-il-faut-reconquerir-les-symboles-de-la-nation-01-11-2009-695125.php

Candidate à la présidentielle de 2007, battue par Martine Aubry pour diriger le Parti socialiste, Ségolène Royal continue de faire entendre, au sein de la gauche, une musique particulière.

Vous ne vous êtes pas réjouie du renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel…
Ségolène Royal. Il est dommage que la justice n’ait pas eu les moyens d’être rendue plus tôt.

sas_pageid='2358/16832'; // Page : manchettepub/leparisien.com/articles_politique sas_formatid=1278; // Format : rectangle 2 300x250 sas_target=''; // Targeting SmartAdServer(sas_pageid,sas_formatid,sas_target); L’exemplarité doit être la première valeur d’un dirigeant politique. Mais le temps a passé et, pour ne pas altérer l’image de la France ni celle de la fonction présidentielle, je pense que la tranquillité doit être accordée à Jacques Chirac. Cette affaire vient de démontrer l’utilité du juge d’instruction pour que la justice soit la même pour tous.

Vous avez dit être favorable au débat sur l’identité nationale lancé par Eric Besson. Etes-vous prête à y participer ?
C’est un débat dont j’ai repris l’initiative en 2006, comme le prouvent les textes de mes discours qu’on peut lire sur le site Désirs d’avenir. Je n’ai donc pas attendu aujourd’hui pour donner ma vision de cette question centrale.

Pendant la présidentielle de 2007, vous aviez parlé du drapeau tricolore, chanté « la Marseillaise » dans les meetings. Pour vous, l’identité nationale passe par ces symboles forts ?
Il y a beaucoup de choses dans la nation : l’histoire, les valeurs, les symboles, mais aussi l’avenir. L’identité nationale ne se forge pas uniquement dans la fascination du passé. Je n’ai pas cette approche très conservatrice. Mais je crois que l’identité nationale française se réfère essentiellement à la Révolution française, c’est-à-dire la lutte contre les privilèges, la question des libertés, des solidarités, de la fraternité. Ce débat, je ne le crains pas. Car il peut mettre en valeur les clivages entre l’instrumentalisation d’une identité nationale définie de manière restrictive, qui se confondrait avec une forme de nationalisme, et une identité nationale qui, elle, est bien ancrée sur les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité.

Est-ce une mise en cause de la politique de Sarkozy ?
Bien sûr. Quand une politique creuse les inégalités, cela porte atteinte au ciment de la nation. Ce qui met en cause l’identité nationale, c’est cette politique et sa succession de scandales qui dégradent l’image de la France à l’étranger. Ce sont les conséquences d’une politique au service des privilèges, du népotisme, de politiques fiscales injustes… Garantir l’égalité réelle, voilà le premier fondement de l’identité nationale.

Etes-vous d’accord pour sanctionner les atteintes au drapeau tricolore et à « la Marseillaise » ?
Il faut reconquérir les symboles de la nation. C’est pourquoi j’ai souhaité faire chanter « la Marseillaise » dans mes meetings, revendiquer le drapeau tricolore qui appartient à tous, pas seulement à la droite. Les socialistes étaient gênés, c’est un comble ! La nation est à l’origine un concept de gauche. Mais je le répète, il est aussi grave et même plus grave de porter atteinte à l’égalité entre les Français que de porter atteinte au drapeau ou à l’hymne national, parfois d’ailleurs parce qu’on est déçu que la nation ne tienne pas sa promesse républicaine. Si M. Sarkozy veut encore faire une loi, je lui propose un vrai sujet : l’égalité entre tous les Français.

La gauche devrait-elle s’emparer de ce débat ?
Le moment choisi par la droite pour lancer ce débat montre que c’est une opération de diversion pour sortir d’une mauvaise passe, alors que les élections régionales se profilent. C’est aussi une tentative de récupérer un certain électorat. Ce qui est condamnable, c’est le moment et la façon dont le débat est lancé. En revanche, la gauche ne doit pas rejeter ce débat, et encore moins le craindre.

La burqa menace-t-elle l’identité nationale ?
La burqa ne doit pas être acceptée sur le territoire français. Faut-il pour autant faire une loi ? Je ne le pense pas. Cela risquerait de susciter un effet provocateur et de multiplier le port de la burqa. Il faut faire attention à ne pas instrumentaliser cela.

Le gouvernement gère-t-il bien le dossier de la souffrance au travail ?
A-t-on déjà vu dans le passé des suicides dus au travail d’une telle ampleur ? Où est la valeur travail prônée par Nicolas Sarkozy ? Il y a une montée dramatique de la précarité dans le monde du travail, une intensification des dégâts du libéralisme et de formes brutales de management, des mutations forcées parce que le dialogue social n’a pas été facilité. On pourrait imaginer un système de bonus-malus pour encourager à investir dans la qualité du travail et du dialogue social. Les entreprises qui investissent dans l’amélioration des conditions de travail pourraient bénéficier de bonus. En fonction du nombre d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, d’autres au contraire pourraient avoir un malus. Le système actuel n’est pas assez efficace et incitatif. On pourrait aussi rendre facilement accessibles à tous les rapports des inspecteurs du travail. Et, surtout, faire un plan d’urgence pour la médecine du travail.

Des familles de soldats français tués en Afghanistan en août 2008 portent plainte. Qu’en pensez-vous ?
Il faut avoir le courage de dire qu’il n’y a, hélas ! pas de guerre sans victime. Ce risque est la grandeur et la servitude du métier militaire. Ceux qui s’engagent dans l’armée savent qu’ils risquent leur vie. Mais je comprends le désarroi des familles qui ont perdu un proche.

Comment expliquer que le PS ne soit pas plus haut dans l’opinion, avec le contexte que vous décrivez ?
Il faut le demander aux actuels dirigeants du PS. Ils ont voulu la direction, ils l’ont. C’est donc à eux de faire en sorte que le PS soit beaucoup plus présent dans le débat public, plus à l’offensive sur la défense des valeurs et des propositions.

François Bayrou a révélé cette semaine que vous vous étiez rencontrés pour discuter. Etes-vous prêts à travailler ensemble ?
Je trouve normal que les dirigeants politiques puissent se parler. On a échangé, il m’a fait part de son projet de parlement de l’alternance et je suis bien sûr tout à fait disponible pour travailler avec lui comme avec d’autres.

Vous seriez prête aussi à rencontrer Dominique de Villepin qui appelle à une « alternative républicaine » ?
Je ne veux pas réduire ma démarche politique à des rencontres individuelles même si je suis attentive à tous ceux qui se dressent contre les dérives d’une droite dure.

On a parlé de votre solitude, des rangs qui s’éclaircissent autour de vous…
Il ne faut pas confondre solitude et liberté. Ceux qui disent cela n’ont pas compris que la politique évoluait. Je suis une femme bien ancrée dans sa famille politique mais en même temps une femme libre qui a la capacité de fédérer autour d’elle des hommes et des femmes qui viennent débattre sur des sujets de fond et travailler sur des propositions pour la France. Quel autre leader politique a une équipe capable d’animer toutes les trois semaines des universités populaires qui rassemblent plusieurs centaines de personnes, comme nous le faisons avec Désirs d’avenir ? C’est ma façon de faire de la politique, en plus de mes responsabilités d’élue à la tête de la région Poitou-Charentes pour en faire une région exemplaire dans le domaine de l’excellence environnementale et de la création d’entreprises, sans augmenter les impôts.

samedi 31 octobre 2009

Les 2 posts du jour

Bonjour à tous,


les 2 posts du jour :


Désirs d'avenir de Ségolène Royal : "Le Banquet"

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Ségolène Royal : encore un succès avec sa dernière UPP "Les Français et la valeur travail"

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vendredi 30 octobre 2009

Une identité nationale qui rime avec solidarité, hospitalité et ouverture au monde

Extraits de quelques discours et déclarations
de Ségolène Royal en 2006 et 200


Le 30 avril 2006, Ségolène Royal est à Cambrin, dans ce bassin minier du Pas de Calais qui n'a pas oublié la catastrophe de Courrières et prend la valeur travail au sérieux. Près de ce cimetière militaire de plus de 800 tombes, dont celles de nombreux soldats britanniques, on sait ce qu'il en coûta de défendre la République et la patrie : « Je voudrais, dit-elle, vous parler d'une valeur qui me tient particulièrement à coeur et dont je sais qu'elle a un sens, ici, à Courrières, avec ses dizaines de citoyens massacrés par l'occupation nazie. Ici, en cette journée de la déportation, comment ne pas évoquer l'idée de nation ? Je pense que l'idée de nation est une idée neuve qu'il va falloir redéfinir en la tournant vers le monde et en la tournant vers l'avenir. Le patriotisme est un mot qui a ici un sens vrai, parce qu'on se rappelle les hommes et les femmes qui ont perdu leur vie pour assurer notre liberté. Quand j'entends la droite parler de patriotisme économique pour justifier, au mépris de ses engagements, la privatisation d'un service public, Gaz de France, je vous dis que c'est un détournement de sens car aimer son pays c'est d'abord avoir le souci de le servir et non pas de se servir, c'est lui donner les moyens, à la France que nous aimons, d'être forte et de saisir ses chances, c'est faire confiance à sa jeunesse, c'est respecter ses anciens, c'est faire en sorte de déployer ses énergies vitales et collectives. C'est cela le patriotisme et c'est cela aimer la France ».


Le 9 mai 2006, à Villeurbanne, Ségolène Royal donne sa vision de l'action politique et des raisons que nous avons, partageant un même désir d'avenir, de « tenir debout ensemble », de nous interroger « sur ce qui fait France » de nos jours, sur ce que signifie notre « commune appartenance à la même nation », sur nos raisons partageables « d'avancer ensemble avec nos différences et la multiplicité de nos talents ». Elle appelle à « inventer ensemble pour remettre la France à l'endroit ».


Le 27 juin 2006, Ségolène Royal est à Soissons. Elle y évoque notamment la mémoire du jeune Louis Jaurès, fils de Jean, mort au front durant la guerre de 1914-1918, dans ce territoire où les combats pour la défense de la patrie furent infiniment meurtriers. Elle y célèbre « le fil jamais interrompu d'une histoire qui – de Jaurès à Blum et aux combats d'aujourd'hui – nous oblige et nous porte. Cette histoire est indissociable des plus grandes pages de l'histoire de France et de conquêtes sociales pour lesquelles il fallut durement batailler. C'est un héritage dont je suis fière ».
Après avoir expliqué en quoi sa conception d'un ordre juste s'oppose aux désordres civiques et sociaux que sèment les politiques d'une droite dont le masque compassionnel ne cache pas la vraie brutalité, elle en vient aux Jaurès père et fils : « J'ai été émue de découvrir grâce à vous ce que fut la courte vie de Louis Jaurès qui n'avait pas 16 ans quand son père fut assassiné, à peine 17 quand il fit le choix de devancer l'appel et de s'engager chez les dragons pour défendre la patrie en danger, et pas encore 20 ans quand l'offensive allemande le faucha à Pernant, jeune aspirant d'un régiment de chasseurs à pied (...). Envahie, la France puisa en elle la force de résister, puis de desserrer l'emprise, puis de se libérer et de réintégrer dans la nation l'Alsace et la Lorraine. Elle le fit avec l'aide de ses alliés. Malgré les erreurs d'appréciation répétées de certains de ses plus hauts galonnés. Grâce à la volonté et à la clairvoyance de quelques responsables, civils et militaires, appelés à la rescousse. Grâce aussi et peut-être surtout au courage d'un peuple mobilisé. Grâce à l'héroïsme ordinaire de ces Français de toutes catégories sociales qui n'aimaient pas forcément la guerre et encore moins après l'avoir vécue mais savaient qu'il est, dans la vie d'une nation, des moments où il faut faire son devoir et défendre le pays menacé ».
« Egaux devant la mitraille, ajoute-t-elle, beaucoup de soldats n'avaient, dans le civil, pas les mêmes droits politiques : je veux parler des troupes qu'on appelait « coloniales » et qui versèrent « l'impôt du sang » sans jouir de sa contre-partie citoyenne. Et sans que, quelques générations plus tard, un peu de la reconnaissance qui leur était due adoucisse le sort des immigrés et de leurs enfants français. Leurs noms ne furent pas jugés dignes de figurer sur nos monuments aux morts et dans nos cimetières militaires. Evoquant la mémoire de Louis Jaurès tombé au combat, comment ne pas y associer celle de tous les garçons nés ici ou venus d'ailleurs ? La France sera d'autant plus à l'aise avec elle-même, consciente de sa diversité et de son unité, qu'elle mesurera à quel point, dès le début du siècle dernier, ils étaient de toutes les origines et de toutes les couleurs ceux qui l'ont défendue en temps de guerre et reconstruite en temps de paix ».
« Juste avant sa mort, dit-elle aussi, Jaurès notait avec tristesse : « on nous a dénoncés comme de mauvais Français et c'est nous qui avions le souci de la France ! ». De Jean s'attachant de toutes ses forces à empêcher la guerre qui vient à Louis s'y engageant de son propre chef, je tiens à souligner ici plus que la filiation : la cohérence. Car la haine de la guerre et l'amour de la patrie étaient, pour le père, indissociables. De même que l'esprit de défense et l'esprit de fraternité. Eviter les massacres de masse et le choc meurtrier des nationalismes égoïstes, oui. Se dérober à son devoir et capituler devant la loi du plus fort, jamais ».


Le 20 août 2006, lors de la Fête de la Rose à Frangy en Bresse, Ségolène Royal développe ces « deux visions de la France et deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir qui seront, dans huit mois, l'enjeu de l'élection présidentielle ».
Elle y affirme qu'une « autre France est possible » et s'en prend en particulier aux destructeurs de la valeur travail et des solidarités nationales. « Les Français, dit-elle, ne veulent pas de cette société du précariat et de l'insécurité sociale. Ils en ont assez de devoir s'endetter pour boucler leurs fins de mois. Ils refusent que l'Etat, garant du pacte social, manque à ses devoirs de protection. Ils s'inquiètent des incertitudes qui pèsent sur l'avenir de leurs enfants. Quand le lien social se délite, c'est la Nation qui se fragilise ».
Elle appelle à « restaurer la crédibilité de la France » dans un monde que la fin de la guerre froide n'a pas pacifié : « Dans ce monde-là, la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé. Elle est membre permanent du Conseil de Sécurité. Sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient d'où viennent certes des menaces mais aussi de solides amitiés, des attentes fortes et un formidable potentiel de développement ». Dans ce monde-là, dit-elle, « la France doit le dire haut et fort : le premier facteur de déstabilisation, c'est la misère, ce sont les inégalités qui se creusent, c'est l'humiliation de ceux qui sont bafoués ».
Mais « pour être entendue, la France doit commencer par respecter ses obligations et mettre ses actes en conformité avec ses paroles » et, pour cela, revoir de fond en comble sa solidarité avec les pays les plus pauvres. « Si je suis en situation, ajoute-t-elle, la France aura une parole qui porte dans le monde parce que notre pays assumera de manière exemplaire ses devoirs envers les pays pauvres. La crédibilité de notre parole sera restaurée car nos actes correspondront enfin à nos discours ».


Le 29 septembre 2006, à Vitrolles, Ségolène Royal annonce officiellement sa candidature à la candidature et « accepte d'assumer cette mission de conquête pour la France ».
Dans cette ville symbole de la reconquête républicaine, que la gauche a reprise au Front national, je veux, dit-elle, « vous parler de la nation qui tient fermement debout, de la République pour tous et de l'autorité d'un Etat efficace », toutes choses qui vont, à ses yeux, indissociablement ensemble.
« Il faut, dit-elle, que les Français le sachent : ce n'est pas en les dressant les uns contre les autres que l'on redresse le pays. Ce n'est pas en trahissant la République qu'on relève la Nation (...). Oui, la France peut reprendre la main ! Oui, elle peut se protéger efficacement contre les désordres qui l'assaillent, croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l'avenir et construire un avenir commun ».
« La mondialisation sonne-t-elle le glas de l'Etat et condamne-t-elle la Nation » ? Non, répond-elle avec fermeté : « Ce désir de France que nous gardons au coeur n'est pas condamné à dépérir : il constitue un atout pour les combats d'aujourd'hui. Et cette « passion de l'égalité », constitutive de notre identité, reste de nos jours le meilleur guide pour l'action. Quand on demande aux Français ce qui, pour eux, symbolise le mieux la France, ce qui vient en premier, ce ne sont ni les frontières ni la langue, c'est le drapeau tricolore et la Sécurité sociale. L'emblème de la République et les outils de la solidarité : voilà ce qui cimente en premier l'appartenance commune. Mais plus les insécurités sociales quotidiennes et la précarité gagnent du terrain, plus les Français ont mal à la France. Et plus ils s'inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière aux autres. Car chez nous, on le sait, le social et le national marchent ensemble et c'est l'Etat qui est le garant de leur alliance ».
« Alors, poursuit-elle, quelle est notre responsabilité ? C'est redresser le pays et lui redonner toutes ses chances. Lui donner cette fierté sans arrogance qui l'aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de l'histoire. Car nous croyons à la France, à ses talents, à son potentiel, à sa jeunesse, à son goût d'entreprendre et à la solidité toujours actuelle de la Nation, de l'Etat et de la République. La France, je la vois créative, innovante mais bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques et fragilisée par un Etat qui se désengage. Je la sens en avance sur ceux qui la gouvernent (...). La droite a le toupet d'appeler « réformes » - les mots n'ont plus de sens ! - le démantèlement des protections sociales et l'avènement d'une société du précariat (...). Ce n'est pas moderniser le pays : c'est défaire la France ».
« Je crois, dit aussi Ségolène Royal ce jour-là, que la nation dans le monde d'aujourd'hui est protectrice des individus et doit apporter à chacun le renfort dont il a besoin pour maîtriser sa vie. Cette nation remplissant son devoir à l’égard de tous ses membres, je ne la veux pas frileuse, apeurée, défensive, doutant d’elle-même, mais au contraire porteuse d’un projet collectif et solidaire, d’un devoir d’invention qui lui donne tout son sens et tout son allant ! ».

« Imaginer la France, poursuit-elle, c’est vrai, ne va plus de soi et nous devrons le faire ensemble. Mais ne lui renvoyer que l’image de son déclin et la sommer sans cesse de renoncer à son « exception » pour se banaliser et s’aligner sur les pays où, paraît-il, le marché sans entrave pourvoirait au bonheur de tous, c’est rendre à la France un bien mauvais service et attiser l’exaspération des Français (...).
Imaginer la France ne va plus de soi parce qu’elle s’est beaucoup transformée, pluralisée, diversifiée et colorée sans encore admettre totalement ce qu’elle est devenue. Pour en tirer parti et fierté, la France, je vous le dis, doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes ceux dont les familles sont venues d’ailleurs et qui sont aujourd’hui des Français à part entière quoique toujours exposés aux discriminations.
Oui, la France doit non seulement les reconnaître comme ses enfants légitimes, mais s’appuyer sur eux comme sur tous ses enfants. La France doit écouter ce qu’ils lui disent, notamment les moins nantis. Elle doit même comprendre ce qu’ils ne lui disent pas.

Jusqu'à quand parlera-t-on de 2ème, de 3ème ou de 4ème génération pour certains descendants d’immigrés alors qu’on ne le fait jamais pour ceux dont les parents sont originaires d’Europe ? Jusqu’à quand parlera-t-on de Français « de souche » comme si les autres étaient… de feuillage ou de branchage ?
C’est cela aussi la tâche de la gauche : aider la France à se reconnaître comme elle est et à reconnaître, dans cette diversité humaine, une formidable chance pour nous tous.

L’honneur de la République, la fidélité de la France à ses idéaux, c’est aussi la lucidité d’une histoire partagée, dans une France respectueuse de toutes les mémoires, et accueillante à tous les siens, nés ici ou ailleurs.
C’est une France qui reconnaît, en 2001, l’esclavage comme crime contre l’humanité.
C’est une France qui demande, à juste titre, pardon pour la Rafle du Vel d’Hiv’ et le régime de Vichy.
C’est une France qui refuse de reconnaître des « aspects positifs » dans la colonisation, système de domination et d’asservissement.

Ce n’est jamais quand elle oublie ses valeurs mais, au contraire, quand elle les prend au mot et reste fidèle à elle-même que la France peut aussi, au-delà de ses frontières, parler du monde et au monde.
Car la Nation, pour la gauche, est indissociable d’une perspective plus large.
Car nous sommes de ce pays, la France, où l’on « vota la liberté du monde » et où l’on fit une Constitution en pensant à l’univers entier.
Car «c’est en donnant aux peuples l’exemple et le signal de la justice » que la France se ressemble et se rassemble ».


Le 17 novembre 2006, les militants socialistes choisissent dès le premier tour Ségolène Royal pour être candidate à l'élection présidentielle. Elle prend la parole à Melle, dans les Deux Sèvres, et évoque à nouveau, comme à Vitrolles, ces valeurs qui font, quand elle leur est fidèle, la grandeur de la France et de son message. « Regardez, dit-elle, l'histoire de France : c'est toujours quand le peuple s'y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir ».


Le 17 janvier 2007, à Toulon, Ségolène Royal évoque la liberté, l'égalité et la fraternité malmenées par ces inégalités qui défont la France en planètes de plus en plus étrangères les unes aux autres. Elle rappelle aussi la mémoire du bataillon de Provence qui, en 1792, se porta au secours de la patrie en danger : « son chant devint notre hymne et bien des peuples de par le monde s'emparèrent à leur tour de notre Marseillaise pour clamer, chacun dans sa langue, leur volonté d'émancipation ».
« Je suis venue, dit-elle aussi, vous dire ici, à Toulon, les raisons auxquelles je tiens et celles pour lesquelles nous avons envie de croire en la France. Je la sais capable, notre France, de puiser dans ses valeurs, dans son histoire, dans sa passion de l'égalité, dans ses talents, l'énergie du redressement que tous les Français appellent de leurs voeux et qu'ils attendent parfois désespérément ».
« Je veux, poursuit-elle, une France qui accepte ce qu'elle est devenue – plurielle, diverse, colorée – et qui sache s'en réjouir et en tirer parti. Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui des Français à part entière quoique toujours en bute aux discriminations. Je le leur dis du fond du coeur : la France a besoin de vous parce que vous êtes une grande partie de la solution ! (...) Je veux une France qui assume avec lucidité une histoire partagée, respectueuse de toutes les mémoires et accueillante à tous les siens. Une France fière de sa République et de sa laïcité, qui ne dresse pas les Français les uns contre les autres, parce que ses valeurs correspondent aux valeurs universelles qui nous permettent de dialoguer avec le monde sans que de vieux relents de « mission civilisatrice » fassent retour dans nos mots et dans nos attitudes. Ni amnésie, ni repentance : je veux une France capable de porter un regard apaisé et de poser des mots justes sur son histoire. Capable de reconnaître l'esclavage pour ce qu'il fut : un crime contre l'humanité. Capable de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. Capable de reconnaître la part prise par la police de Vichy dans la rafle du Vel d'Hiv' et la déportation des Juifs français ».


Le 6 février 2007, au meeting parisien de la Halle Carpentier, Ségolène Royal revient, une fois encore, sur l'histoire de France et l'actualité de ses valeurs.
« La France, dit-elle, n'est pas la synthèse impossible de l'Ancien Régime et de la Révolution. Laissons cela au candidat de l'UMP. Pour nous, le droit divin et la souveraineté du peuple, ce n'est pas la même chose. Le règne de l'arbitraire et celui de la loi, non plus. Le privilège s'oppose à l'égalité et le sujet au citoyen. Entre l'Ancien Régime et la Révolution, il y a l'esclavage. Entre le Code Noir de Louis XIV et la Déclaration des droits de l'homme, les valeurs ne sont pas les mêmes. Comme si cela pouvait s'oublier... A moins que cette volontaire confusion des repères ne soit là que pour préparer des ralliements au second tour ».
« Bien sûr, ajoute-telle, il y a de la continuité dans notre histoire mais c'est la rupture opérée par la Révolution qui explique encore la France d'aujourd'hui. Car la Révolution a voulu fonder une communauté de citoyens. Aujourd'hui, le règne débridé du capitalisme fou et du libéralisme sauvage en sape les fondements et porte atteinte à la valeur du travail. La nation, ce n'est pas seulement une histoire partagée et assumée : c'est le désir de faire encore de grandes choses ensemble. La France ne demande pas aux citoyens d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble. La République ne demande à personne de renier ses origines, ses racines, ses attachements, sa culture, ses croyances : elle invite chacun à s'asseoir à sa table, à égalité de droits et de devoirs.
La France de demain comme celle d'hier se nommera diversité.
Et son unité se forgera dans un projet partagé.
La France est diverse, multiple, colorée, métissée et pourtant très française si elle sait être fidèle à ses valeurs, protectrice de tous les siens et ouverte sur le monde.
Je ne la laisserai pas se défaire.
Je veux une France accueillante à toutes les mémoires mais je ne veux pas que notre espace public soit le champ de rivalités mémorielles, de confrontations sous le prétexte de l'origine, de la couleur ou de la croyance. Pour vivre ensemble à égalité de droits et de devoirs, nous avons besoin de règles. La première d'entre elles, c'est la laïcité, respectueuse de la liberté de pensée, de conscience et de culte ».

« Il est facile, dit aussi Ségolène Royal, d'associer le temps d'un discours Guy Mocquet et Achille de Peretti, Jeanne d'Arc et Edouard Balladur, mais quels que soient les mérites des seconds (dont le principal est d'avoir fait la carrière du candidat de l'UMP), sachons quand même mettre à leur juste place, autrement éminente, la fille rebelle de Lorraine et le jeune résistant communiste qui n'eurent jamais 20 ans parce qu'ils aimèrent la France à en mourir ».

Elle dit aussi ceci : « A ceux qui veulent une France meilleure, le candidat de l'UMP a répondu par ces mots terribles : « s'il y en a que ça gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas ! ». Savez-vous que ce slogan a été emprunté à la droite américaine du temps de la guerre au Vietnam ? Savez-vous que ce slogan a été celui de la dictature brésilienne qui disait « le Brésil, aimez-le ou quittez-le ! » ? Voilà quelles sont aujourd'hui leurs références.
Alors non, ce langage de division, ces mots violents font insulte à tous ceux qui, de Victor Hugo à Charles de Gaulle, d'Emile Zola à Pierre Mendès-France, ont dû quitter la France pour la sauver et la relever. Cette division agressive entre les Français légitimes et les autres, contraints au silence ou au départ, non, ce n'est pas la France que nous voulons !
Aimer son pays, c'est le vouloir meilleur.
Aimer son pays, c'est l'écouter, le rassembler, l'améliorer, le transformer.
C'est assumer son histoire et l'aimer les yeux grands ouverts.

Alors il ne l'aimait pas, la France, Péguy qui disait : « c'est parce que nous sommes bien français que les massacres coloniaux nous donnent comme un remord personnel » ?
Alors elle ne l'aimait pas, la France, Simone Weil, philosophe et Résistante, qui disait : « l'amour de la patrie doit avoir les yeux ouverts sur les injustices, les cruautés, les mensonges, les crimes de notre passé, sans dissimulation ni réticence et sans en être diminué » ?
Alors il ne l'aimait pas, la France, Camus qui disait : « il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs » ? Mais, ajoutait-il à juste titre, « elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir de s'estimer elle-même ».

« Aimez la France ou quittez-la » : rien de bon pour la France ne sortira de ces mots ! ».

Ségolène Royal évoque Léon Blum déclarant à ses juges, lors du procès de Riom : « vous ne pourrez pas nous chasser de l'histoire de ce pays. Nous avons, dans un temps bien périlleux, personnifié et vivifié la tradition authentique de notre pays, qui est la tradition démocratique et républicaine. Nous sommes dans la tradition de ce pays depuis la Révolution française, nous ne sommes pas je ne sais quelle excroissance monstrueuse dans l'histoire de ce pays parce que, tout simplement, nous avons été un gouvernement populaire ».
« C'est, dit-elle, le même esprit qui a inspiré aux Antilles ces grandes figures de notre lutte commune contre l'esclavage et la colonisation que furent Louis Delgrès, la Mulâtresse Solitude, Frantz Fanon et Aimé Césaire qui me fait aujourd'hui l'honneur de son soutien.

C'est à cause de toute cette histoire que je ne veux pas que la France s'effraye de cette vitalité juvénile et populaire qui s'exprime dans nos banlieues. Je ne veux pas d'une France qui s'effraye des mots des rappeurs, de leur chronique acérée du quotidien des quartiers, de leur cri de révolte, de leur soif de respect et d'égalité. Car ils reprennent à leur façon la tradition provocatrice et libertaire de la chanson populaire française ».

« L'histoire – Ségolène Royal y insiste – n'est jamais un passé mort. Elle éclaire et elle travaille le présent. Notre histoire est faite de cultures et d'identités qui se mêlent, qui s'influencent, qui s'interpénètrent de longue date et qui forment, au bout du compte, la France que nous aimons »


Le 11 février 2007, lors de l'immense rassemblement de Villepinte, Ségolène Royal expose son projet pour la France, les diagnostics et les propositions de son pacte présidentiel.
Disant ce qu'elle veut pour les jeunes, elle cite ce que l'un d'eux lui a dit : « une bonne partie des violences est engendrée par le manque de considération envers certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la Nation et ont, de ce fait, l'impression que la Nation ne fait rien pour eux, donc qu'ils ne lui doivent rien ».
Voilà pourquoi, dit Ségolène Royal, « je ne veux pas de cette société toujours plus violente (...), de cette société du tous contre tous, de cette société du chacun pour soi. Je veux que la France aime sa jeunesse et exerce sur elle une juste autorité qui lui permette de grandir ».
« Du fond du coeur, je vous le redis : la France a besoin de vous, vous êtes la chance de la France. Je veux une France qui vous écoute, une France qui vous comprenne et une France qui, en même temps, soit exigeante envers vous. Je veux une France qui entende ce que lui dit Diam's dans « Ma France à moi » : « il ne faut pas croire qu'on la déteste mais elle nous ment (..;) ; ma France à moi leur tiendra tête jusqu'à ce qu'ils nous respectent ».
« Car la France, dit aussi Ségolène Royal, c'est plus que la France.
La France, c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes.
La France, ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française.
La France, ce sont des valeurs universelles qui nous obligent et que nous devons porter haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous.
L'histoire de France est une histoire vivante.
C'est une histoire qui, parce qu'elle est vivante, doit continuer de parler au monde ».


Mars 2007 : dans « Maintenant », livre d'entretiens en forme d'abécédaire avec Marie-Françoise Colombani (Hachette Littératures), Ségolène Royal explique les raisons de l'importance qu'elle attache à La Marseillaise.

Marie-Françoise Colombani : « Qu'un sang impur abreuve nos sillons... », faut-il encore apprendre ce chant aux petits Français ?

Ségolène Royal : Bien sûr ! En leur expliquant le sens des mots et le contexte dans lequel ils furent écrits. Ce n'est pas un chant sanguinaire et xénophobe mais un hymne révolutionnaire et patriotique. C'est celui de la levée en masse, d'un peuple en armes accourant aux frontières pour protéger la France de l'invasion étrangère et défendre la République contre les troupes coalisées de l'Ancien Régime. C'est un message universel contre la tyrannie. D'autres révolutions, après la nôtre, ne s'y sont pas trompées et ont chanté La Marseillaise dans leur langue. Quand elle la chantait chaque jour avec ses élèves, avant le cours du matin et après l'étude du soir, Louise Michel en avait les larmes aux yeux. Pour elle aussi, tant de fois emprisonnée, c'était un chant de liberté et de fraternité. On ne réécrit pas à froid, simplement pour le mettre au goût du jour, un hymne qui nous rattache directement à l'épopée fondatrice de la République. Je ne suis pas choquée que des artistes s'en emparent pour le revisiter à leur manière : Gainsbourg l'a fait, Higelin aussi. A l'art tout est permis si c'est avec talent. Mais ce legs de ceux de 1789 et de Valmy mérite mieux qu'un contre-sens : que nous en assumions la transmission. Et plutôt que d'en changer les mots, que nous en fassions vivre le message.

Le 23 mars 2007, lors du meeting de Marseille où elle revient sur les axes majeurs de son pacte présidentiel, Ségolène Royal, développe sa conception d'une « identité nationale » qui exprime le peuple rassemblé et repose sur « la certitude que les règles du jeu sont les mêmes pour tous, quels que soient l'origine, le quartier, la naissance, la famille ». Cette « garantie d'une égalité réelle », dit-elle, « c'est le premier fondement de notre identité nationale ». Ici, « à Marseille qui s'est forgée de tant d'aventures, de tant de mouvements, de tant de peuplements riches et diversifiés, je peux le dire encore davantage qu'ailleurs : l'identité nationale, ce n'est pas de demander des comptes sur d'où l'on vient mais de savoir vers où on veut aller ensemble ».
« Comment, dit-elle aussi, ne pas dénoncer cet amalgame insupportable entre l'immigration et la menace de l'identité nationale ? ». Comment accepter cette désignation « à la vindicte publique » ? « Si tout d'un coup, tous les travailleurs étrangers s'arrêtaient de travailler, on en verrait de drôles de choses dans des secteurs entiers de l'économie ! Combien de chantiers s'arrêteraient brutalement ? Combien d'entreprises dans le secteur du bâtiment feraient faillite ? Comment cela se passerait-il dans tous les services du nettoyage ? Que se passerait-il dans nos services hospitaliers où, de plus en plus, on va chercher la matière grise dans les pays de l'autre côté de la Méditerranée alors qu'ils en auraient tant besoin pour se développer ? ».
Puis elle conclut : « Puisque nous avons parlé de l'identité nationale et puisque nous sommes à Marseille, je voudrais vous dire un mot de la Marseillaise parce qu'il y a parfois des malentendus. J'entends des jeunes dire qu'ils ne comprennent pas ces paroles sur « un sang impur (qui) abreuve nos sillons ». Levons les malentendus. La Marseillaise, c'est le chant de lutte contre toutes les formes de tyrannie, c'est le peuple qui s'est levé contre les forces de l'Ancien Régime, c'est le chant qui a été repris dans tous les pays où il a fallu secouer le joug de l'oppression. C'est le chant que Louise Michel faisait chanter à ses élèves tous les matins et tous les soirs et à chaque fois, elle qui avait connu les privations de liberté et la prison, à chaque fois, disait-elle, qu'elle faisait chanter la Marseillaise à ses élèves, elle ne pouvait s'empêcher de pleurer.
Alors, ne faisons pas de contre-sens sur ce chant, la Marseillaise. Comprenons vraiment le fond et la force historique de ses paroles. Ce n'est ni un chant sanguinaire ni un chant xénophobe, non, c'est le chant de toutes les libertés, de ceux qui risquent leur vie pour défendre les libertés, c'est le chant des Républicains, c'est le chant que je vous propose, ici, à Marseille, de chanter tous ensemble pour ne jamais oublier que le message universel de la France à travers le monde est plus que jamais d'actualité : la liberté, l'égalité et la fraternité.
A nous, la Marseillaise ! ».

Tous, ce soir-là, l'ont chantée.
Une première fois.
Et puis encore une deuxième fois.
Certains commentateurs ont fait mine de découvrir cette conviction pourtant maintes fois exprimée par Ségolène Royal.
Pourtant, dans ses discours comme dans ses écrits, elle n'a jamais varié.
Ils furent, ce soir-là, huit mille à lui emboîter le pas et à se réapproprier ce chant de lutte et d'émancipation.

Le 24 mars 2007, lendemain du beau meeting de Marseille avec sa Marseillaise entonnée ensemble, Ségolène Royal est à Correns, dans le Var.
Elle revient sur la signification de cette reconquête par la gauche d'un chant patriotique et porteur d'un message universel de liberté.
Elle ajoute aussi cela, qui va de soi sous d'autres latitudes mais déclenche, en France et à ce moment de la campagne présidentielle, d'hypocrites tollés : « Je pense que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore. Dans les autres pays, on met le drapeau aux fenêtres le jour de la fête nationale ».
Il faut, estime-t-elle, « reconquérir les symboles de la nation, porter un regard neuf sur les valeurs de la Nation et ne pas se laisser entraîner dans un dévoiement de l'identité nationale » auquel se livre le candidat de l'UMP. « Ce sont des éléments de rassemblement. L'identité nationale, c'est d'abord tout le peuple français ». Contre une conception restrictive, excluante et diviseuse, de l'identité nationale, Ségolène Royal défend une conception généreuse, rassembleuse et solidaire de la nation, forte de ses principes républicains et ferme sur ses valeurs.


Le 28 mars 2007, Ségolène Royal accorde une interview à Libération qui la questionne sur sa conception de la nation et ses raisons de la revendiquer avec force.

Libération : Pourquoi vous êtes-vous emparée du thème de la Nation à ce moment précis de la campagne ?

Ségolène Royal : Ce thème est, par définition, présent dans une campagne présidentielle, le candidat ou la candidate ayant pour vocation et ambition d'incarner la République donc la Nation. Il est normal de pouvoir préciser sa vision des choses sur ce sujet et sur la façon dont le lien national doit s'incarner. Le candidat de la droite a donné sa vision des choses en proposant un Ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration. Le candidat UDF, lui, se moque de tout cela. Il a tort. Il est tellement pris dans son filon ni droite ni gauche qu'on ne sait plus ce qu'il pense de rien et donc, pas davantage, de la Nation. Quant au candidat du Front National, il confond Nation et nationalisme. Il y a donc une vraie confrontation des points de vue. Pour moi, c'est très clair. Je suis une Européenne résolue. Je suis partisane d'une France ouverte au monde, internationaliste et généreuse, et je considère que la Nation a un autre nom qui est la République. La Nation telle que je la conçois ne demande pas aux gens d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble. Elle n'est pas fondée sur les racines, l'ethnie, que sais-je, mais sur une idée. Elle est une idée et c'est qui la distingue de ce qu'en ont fait nos adversaires.

Libération : L'affirmation de la Nation est-elle compatible avec l'internationalisme de gauche ?

Ségolène Royal : Evidemment ! La gauche est internationaliste. Mais il faut donner une réassurance sur l'identité nationale qui a besoin d'être consolidée au moment où les Français s'inquiètent de la dilution de la Nation dans la mondialisation. Jaurès lui-même a réconcilié l'idée de Nation et celle d'internationalisme. Au point, d'ailleurs, d'en mourir ! La Nation, je vous le répète, n'est pas incompatible avec l'ouverture, ni du côté du local (je suis, de ce point de vue, la seule candidate à proposer une véritable régionalisation), ni de l'autre côté, avec le fait européen. Mais cet enjeu-là est considérable au moment où l'on observe une confusion des valeurs, une montée des désordres, un doute sur les marges de manoeuvre de la politique.

Libération : Insister sur la Nation, c'est nécessaire pour ramener à gauche les catégories populaires ?

Ségolène Royal : Je ne fais pas de calcul. Je ne parle pas de la Nation pour plaire à telle ou telle catégorie. Il s'agit de convictions de longue date. Ministre de l'Enseignement scolaire, j'avais déjà mis l'éducation civique au Brevet des Collèges. J'ai toujours beaucoup travaillé sur cette question: qu'est-ce qui fait la France ? Je l'avais évoqué à Vitrolles, lors de ma déclaration de candidature. Puis lors de l'investiture. Ce n'est donc pas une question de tactique politique.

Le 6 avril 2007, à Carmaux, dans le Tarn, Ségolène Royal prononce un discours sur Jean Jaurès, sa vie, ses combats, son message. Elle y évoque notamment sa conception de la Nation : « Jaurès avait l'amour de la France, de la République et de la Nation. Il croyait, et je crois avec lui, qu'un peu d'internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène. Il vibrait de ce patriotisme bien compris qui est l'ennemi du chauvinisme et le contraire du nationalisme (...). Il croyait profondément que le pays de France ne saurait se passer longtemps d'idéal. C'est l'un des enjeux et non le moindre de cette campagne présidentielle ».

jeudi 29 octobre 2009

Ségolène Royal : L'Université populaire et participative sur le Travail de "Désirs d'avenir"




Bonjour à tous,


le post du jour :

"Ségolène Royal : L'Université populaire et participative sur le Travail de "Désirs d'avenir"

http://www.lepost.fr/article/2009/10/29/1765750_segolene-royal-l-universite-populaire-et-participative-sur-le-travail-de-desirs-d-avenir.html

Amitiés Fraternelles



En prime, voici le lien du "Compte rendu des Universités Populaires Participatives"

http://desirsdavenirparis.over-blog.com/pages/Compte_rendu_des_Universites_Populaires_Participatives-1342524.html




Désirs d'Avenir Paris

Blog : http://desirsdavenirparis.over-blog.com/
Post.fr : http://www.lepost.fr/perso/desirs-d-avenir-paris/
Facebook : http://fr-fr.facebook.com/desirsdavenir.paris

mercredi 28 octobre 2009

Contre la mesure annoncée qui vise à taxer les indemnités des accidentés du travail

Il y a quelque chose d’obscène dans la mesure annoncée qui vise à imposer les indemnités des accidentés du travail. C’est s’en prendre aux salariés dans leur chair.
Alors que, subordonnés à l’employeur, ils viennent d’être brutalement vulnérabilisés par un accident survenu au travail.

Alors qu’ils ne touchent déjà que 80 % puis 60 % du salaire journalier de base.

Alors qu’ils sont frappés par les franchises médicales et les déremboursements.

Alors que, très souvent, leur avenir est devenu incertain du fait du handicap qu’ils subissent.

La justice serait, au contraire, que les accidentés touchent davantage que la totalité de leur salaire, à titre de réparation.

Ne pas imposer jusque-là les indemnités journalières des accidentés du travail n’était qu’une frêle compensation.

La supprimer serait scandaleux. D’autant que le total des accidents du travail vient d’augmenter de 0,4 % depuis 2 ans. Et que les suicides à cause du travail, et pas seulement à France Télécoms, ne sont pas reconnus légalement autant qu’il le faudrait comme des accidents.

Il faudrait aller exactement dans la voie inverse et mieux prévenir, protéger, réparer les accidents et les victimes. Car il y a 2 morts par jour au travail dans le seul secteur privé, 16 % de plus entre 2006 et 2008. On dénombre 720 150 accidents du travail avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation AT. Les rapports officiels reconnaissent, d’autre part, que le chiffre de 43 832 maladies professionnelles, avec 8, 7 millions de journées d’IT, est largement sous-déclaré.

Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Des dizaines de milliers de vies que l’organisation du travail brise.

Nous appelons à la mobilisation pour réagir, alerter, rassembler tous celles et ceux qui sont scandalisé-e-s, de façon à faire reculer, catégoriquement, cette mesure inique, intolérable, inhumaine.

mardi 27 octobre 2009

Une majorité de Français est déçue par le bilan de Nicolas Sarkozy

SONDAGE

NOUVELOBS.COM | 26.10.2009 | 18:15

Sondage LH2-Nouvelobs.com 58% des personnes interrogées jugent que le bilan de la présidence est "négatif" et 22% le qualifient même de "très négatif". 19% des électeurs qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy au 1er tour en 2007 déclarent par ailleurs qu’ils ne lui redonneront pas leur voix s’il se présente à nouveau en 2012.

Alors que Nicolas Sarkozy arrivera à mi-mandat le 6 novembre prochain, le tableau s’avère assez critique puisque seuls 38% des Français jugent "positif" le bilan de la première partie de la présidence, 6% le jugeant "très positif ", selon un sondage LH2-Nouvelobs.com publié lundi 26 octobre. A l’inverse, 58% le jugent "négatif", et 22%, soit plus d’un Français sur cinq le juge même "très négatif".
C’est au sein du socle électoral traditionnel de Nicolas Sarkozy que l’on retrouve les personnes les plus satisfaites des actions entreprises pendant la première moitié de son mandat : retraités (50%) et personnes au revenu supérieur à 5000€ (44%). Les personnes aux revenus inférieurs à 1200 € ont également une opinion plus favorable sur les actions menées depuis l’élection de Nicolas Sarkozy (48%). Si logiquement les sympathisants de l’UMP et électeurs de Nicolas Sarkozy dressent un bilan nettement plus favorable que la moyenne des Français, celui ci apparaît néanmoins en demi-teinte : 15% des sympathisants UMP et 23% des personnes ayant voté pour Nicolas Sarkozy au 1er tour de l’élection présidentielle de 2007 soit près d’un électeur sur 4 jugent le bilan "négatif", signe d’une certaine déception que Nicolas Sarkozy devra prendre en compte dans la seconde partie de son mandat. Au final, ce sont les cadres (32%), professions intermédiaires (29%) et employés (32%) qui s’avèrent le moins satisfaits du bilan de Nicolas Sarkozy, ainsi que les sympathisants du Modem (32%) et de la gauche dans son ensemble (17%).

Des électeurs à convaincre pour 2012

Si Nicolas Sarkozy se présentait aux élections de 2012 pour un second mandat, 30% des Français déclarent qu’ils voteraient pour lui, un résultat similaire à la part des voix qui se sont portées sur sa candidature lors du 1er tour de l’élection de 2007. A ce stade, Nicolas Sarkozy peut bénéficier du soutien de son vivier traditionnel d’électeurs : 40% des personnes de plus de 65 ans voteraient pour lui, 37% des catégories socioprofessionnelles dites supérieures et par ailleurs 38% des Français aux revenus inférieurs à 1200€. Néanmoins, preuve d’une certaine déception dans les rangs du président à l’égard des actions menées sous son début de mandat, 14% des sympathisants de l’UMP et 19% des personnes qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy au 1er tour en 2007 soit près d’une personne sur cinq déclarent qu’elles ne lui redonneront pas leur voix s’il se présente à nouveau en 2012. Par ailleurs, parmi les personnes jugeant le bilan de Nicolas Sarkozy positif à mi-mandat, la même proportion déclare qu’elle ne votera pas pour lui. Pour Nicolas Sarkozy, la seconde partie du quinquennat sera donc déterminante d’une part pour répondre aux aspirations des électeurs déçus et d’autre part, pour transformer la satisfaction à l’égard de l’action présidentielle en intention de vote.

- Sondage réalisé par l’institut LH2 pour Nouvelobs.com les 23 et 24 octobre 2009, par téléphone.
Échantillon de 1006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille, après stratification par région et catégorie d’agglomération.

(Nouvelobs.com)

lundi 26 octobre 2009

Vu des USA : La crise bancaire n’est pas terminée, par Paul Krugman

Aussi scandaleux soient-ils, les mirobolants bonus qui ont fait les gros titres la semaine dernière ne doivent pas faire perdre de vue les fondamentaux, avertit Krugman. Les banques d’affaires, dont l’emblématique Goldman Sachs, ont apparemment tiré leur épingle du jeu au troisième trimestre en spéculant grâce aux fonds publics, mais les banques du secteur qui compte vraiment pour l’activité économique, celui du crédit, vont à nouveau mal. Si elles avaient réussi à échapper à la nationalisation au premier semestre en affichant des bénéfices grâce à des jongleries comptables, la réalité de la crise profonde que traversent les Etats-Unis les rattrape aujourd’hui, et Citigroup comme Bank of America ont à nouveau annoncé des pertes. Cette fragilité structurelle d’un secteur indispensable à une reprise économique compromet la reprise, avertit Krugman, qui rappelle par ailleurs que les questions de fond ne sont toujours pas réglées. En l’absence d’une réforme de la finance, les banquiers vont continuer à utiliser cette recette qui leur a si bien réussi jusqu’alors : profits privés, pertes publiques.



Par Paul Krugman, New York Times, 19 octobre 2009




Nous vivons une époque formidable qui est la pire de toutes. OK, ce n’est peut-être pas littéralement la pire, mais elle est très dure. Et le contraste entre le bonheur immense de quelques-uns et les souffrances que continuent de subir beaucoup trop de gens augure mal de l’avenir.

Je parle bien évidemment de la situation des banques.

Si quelques chanceux ont fait les gros titres, le plus grand nombre a ressenti de la fureur devant le spectacle des bénéfices records et des énormes bonus de Goldman Sachs, au moment même où l’hémorragie d’emplois se poursuit dans le reste de l’Amérique, victime d’une crise provoquée par Wall Street.

Mais l’histoire ne se résume pas uniquement à celle de banques florissantes face à des travailleurs en difficulté : les banques dont le métier est le crédit - par opposition aux banques d’affaires - sont toujours en difficulté. En particulier, Citigroup et Bank of America, qui avaient pourtant réduit au silence les partisans de leur nationalisation au début de l’année en affirmant qu’elles avaient renoué avec la rentabilité, affichent à présent - vous l’aviez deviné - de nouvelles pertes.

Si vous interrogez les gens de Goldman, ils vous diront que leurs salaires ne regardent personne en dehors d’eux. Pourtant, comme un critique l’a exprimé récemment : « il n’existe aujourd’hui aucun établissement financier qui ne soit le bénéficiaire direct ou indirect des milliers de milliards alloués par les contribuables pour soutenir le système financier. » C’est bien le cas. Goldman a gagné beaucoup d’argent dans ses activités de courtage, mais elle n’a pu rester dans la partie que grâce aux politiques qui ont risqué énormément d’argent public dans des interventions allant du plan de sauvetage d’AIG aux garanties octroyées sur un grand nombre d’obligations émises par Goldman.

Au fait, qui donc était ce tonitruant critique des banques ? Rien moins que Lawrence Summers, économiste en chef de l’administration Obama - l’un des architectes des politiques bancaires de l’administration - qui était jusqu’à présent plutôt conciliant avec les établissements financiers, et espérait qu’ils se rétablissent.

Pourquoi ce changement de ton ? Les membres de l’administration sont furieux de la façon dont le secteur financier, quelques mois seulement après avoir bénéficié d’un plan de sauvetage gigantesque aux frais du contribuable, déploie un lobbying intense contre toute réforme sérieuse. On peut se demander à quoi ils s’attendaient. Ils ont choisi d’adopter une politique toute en douceur, en octroyant une aide en échange de bien peu de contreparties, lorsque tout Wall Street risquait de s’effondrer. Ce qui ne leur a laissé que très peu d’influence sur des entreprises comme Goldman qui gagnent à nouveau beaucoup d’argent.

Mais il y a plus important. Alors que les opérations de courtage des établissements financiers sont de nouveau extrêmement rentables, l’activité bancaire qui compte vraiment - les crédits qui soutiennent l’investissement et la création d’emplois - ne l’est pas. Les principales banques restent dans une situation financière précaire, et cette faiblesse nuit à l’économie dans son ensemble.

Vous vous rappelez peut-être qu’au début de l’année se tenait un grand débat sur la façon de relancer l’activité de crédit des banques. Certains analystes, dont moi-même, affirmaient qu’au minimum quelques grandes banques avaient besoin d’un apport de capitaux publics, et que la seule façon de procéder était de nationaliser temporairement les banques les plus en difficulté. Ce débat a tourné court après que Citigroup et Bank of America- les maillons faibles du système bancaire - aient annoncé des profits inattendus. Tout allait bien, nous a-t-on dit. Désormais, les banques étaient à nouveau rentables.

Il s’est pourtant passé quelque chose d’étrange sur ce trajet de retour vers un système bancaire solide : la semaine dernière, Citigroup et Bank of America ont toutes deux annoncé des pertes au troisième trimestre. Qu’est-il arrivé ?

Une partie de la réponse tient à ce que ces bénéfices antérieurs étaient en partie le fruit de l’inventivité des comptables. Mais en fait, nous assistons surtout à un retour de bâton de l’économie réelle. Durant la première phase de la crise, Main Street a subi le contrecoup des méfaits de Wall Street. Désormais, c’est l’ampleur des difficultés économiques, en particulier la persistance d’un chômage élevé, qui provoque de lourdes pertes sur les prêts hypothécaires et les cartes de crédit.

Le point clé est celui-ci : La faiblesse persistante de nombreuses banques contribue à prolonger ces difficultés économiques. Les banques restent réticentes à octroyer des prêts, et ce resserrement du crédit, dont souffrent en particulier les petites entreprises, se dresse sur le chemin de la reprise économique vigoureuse nous avons besoin.

Et maintenant ? M. Summers proclame encore que l’administration a fait les bons choix : relever la capitalisation avec des fonds publics, dit-il, n’aurait pas été « une stratégie permettant de résoudre les problèmes. » Quoi qu’il en soit, au plan politique le moment opportun pour une action radicale sur les banques est d’évidence passé.

L’essentiel, pour le moment, est sans doute de faire autant qu’il est possible pour soutenir la création d’emplois. Avec un peu de chance, cela enclenchera un cercle vertueux dans lequel l’amélioration du climat économique renforcera les banques, qui seront alors plus disposées à octroyer des prêts.

Ensuite, il faudra absolument mettre en oeuvre une réforme efficace de la finance. Si tel n’est pas le cas, les banquiers prendront bientôt des risques encore plus grands qu’ils ne le faisaient avant cette crise. Après tout, la leçon de ces derniers mois est très claire : Quand les banquiers parient avec l’argent des autres, face ils gagnent, pile nous perdons.

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2851

dimanche 25 octobre 2009

"Ségolène Royal voit plus loin et va plus vite que les autres"

21 octobre 2009 - 12:46



Dans le Journal La Provence du mardi 20 octobre, Jean-Louis Bianco revient sur les raisons de son soutien à Ségolène Royal.

Pourquoi restez-vous un soutien indéfectible à Ségolène Royal ?
Pour trois raisons. D'abord je pense que la fidélité est importante en politique. Je l'ai été envers François Mitterrand et je n'ai jamais changé d'attitude. Je le suis avec Ségolène Royal et je ne changerai pas. Ensuite, elle montre, à travers toutes les attaques qu'elle subit, une force hors du commun. C'est une « femme debout » comme on lui a dit aux Antilles, une qualité importante pour importante pour prétendre aux plus hautes fonctions. Enfin, comme on l'a vu sur la taxe carbone, j'estime qu'elle voit un peu plus loin et va plus vite que les autres.

Pourquoi a-t-elle rejeté l'offre de rejoindre le bureau national ?
Au bureau national, elle n'aurait pris la parole que de temps en temps. Elle a préféré proposer la candidature de Kamel Chibli, jeune élu de l'Ariège. C'était un signal fort de renouvellement si Martine Aubry l'avait accepté.

Vous avez dit récemment que « le PS va conquérir toutes les régions y compris la Corse » aux élections régionales...
Je sais que ça a surpris plus d'une personne. Les sondages donnent les présidents socialistes gagnants, parfois largement. Je constate qu'ils ont une vraie popularité. Elle va au-delà du PS et de la gauche. Cela se vérifie dans la région, où Michel Vauzelle est connu et apprécié des habitants. Les perspectives ne sont pas sombres pour nous, même si rien n'est joué.

Le rassemblement prôné par le PS semble mal parti ?
Partout en France, la position du PS est la même : rassembler au 1er tour.

Propos recueillis par Philippe Faner

samedi 24 octobre 2009

UPP "Les Français peuvent-ils encore croire à la valeur travail?" - 28 octobre 2009



Les Français peuvent-ils encore croire à la valeur travail?

en présence de
Ségolène Royal

débat animé par
Gaétan Gorce

Mercredi 28 octobre à 18h30 à la Mairie du IVè arrondissement

2 Place Baudoyer - Paris 4ème

Depuis le mois de janvier 2008, 25 salariés de l’entreprise France Télécom se sont donnés la mort.

Mardi 20 octobre 2009, les salariés de Pôle emploi se sont mis en grève. Surcharge de travail avec l'afflux massif de demandeurs d'emploi depuis le début de la crise, effectifs insuffisants, fusion à marche forcée, formations trop courtes pour devenir polyvalents, management par objectifs, sous-traitance au privé figuraient parmi les motifs de mécontentement exprimés. Un suicide et cinq tentatives de suicides sur le lieu de travail ont été reconnus par la direction, selon les syndicats. Selon le directeur général de Pôle emploi, "Il ne faut pas assimiler ce qui se passe à France Télécom à Pôle emploi". Jugeant les difficultés liées à la crise, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, et Xavier Darcos, Ministre du Travail lui emboîtent le pas. . Chômage, insécurité professionnelle, fermeture de sites en masse : Gooodyear, New Fabris, Molex, Arcelor Mittal, Continental, la liste est longue. Un questionnaire pour « évaluer l’état psychologiques des salariés » a pourtant été distribué au personnel de Pôle Emploi. Comme à France Télécom.

Quoi qu’il en soit, ces situations révèlent un profond malaise social.

La souffrance au travail n’est pas un thème réellement nouveau. Elle se manifeste différemment selon les classes sociales, les catégories professionnelles et les époques. Il semble cependant qu’aujourd’hui, les logiques féroces du capitalisme ultra-libéral et financier jouent un rôle non négligeable dans l’amplification de ce mal-être social.

Quelle est l’influence des nouvelles méthodes de management sur l’efficacité et le bien-être des salariés ? Quel arbitrage peut-on faire entre le partage du travail et l’antienne électorale du « travailler plus pour gagner plus » ? La valeur travail demeure-t-elle une donnée fondamentale de nos sociétés contemporaines ? Voici quelques unes des thématiques que nous aborderons au cours de ce débat.


PROGRAMME

Ouverture par Ségolène Royal

Débat avec les intervenants :

- Ivan Du Roy, journaliste et écrivain, auteur du livre: Orange stressé, le management par le stress à France Telecom, Ed. La Découverte, 2009



- Paul Moreira

auteur (avec Hubert Prolongeau) du livre:Travailler à en mourir , Ed. Flammarion, 2009



- Michel Gollac, sociologue du travail, Centre de recherche en économie et statistique (CREST), auteur (avec Christian Baudelot) du livreTravailler pour être heureux ? Le bonheur et le travail en France, Fayard 2003



- Yves Perrot, chef d'entreprise, Président du Centre des jeunes dirigeants Paris


Ainsi que des responsables syndicaux

Conclusion de Gaétan Gorce, Député socialiste de la Nièvre

Nous vous y attendons nombreux
L'équipe de Désirs d'avenir Paris